Un nouvel espoir pour les diabétiques

Une pilule qui nous permettrait de perdre du poids et d’arrêter de fumer, on en rêve… Et ce rêve devrait devenir réalité dès l’an prochain. Mais ce n’est pas tout, ce médicament pourrait aussi s’avérer extrêmement efficace dans le traitement du diabète. Zoom sur une molécule qui n’a pas fini de faire parler d’elle.


Un nouvel espoir pour les diabétiques
Une pilule qui nous permettrait de perdre du poids et d’arrêter de fumer, on en rêve… Et ce rêve devrait devenir réalité dès l’an prochain. Mais ce n’est pas tout, ce médicament pourrait aussi s’avérer extrêmement efficace dans le traitement du diabète.


Zoom sur une molécule qui n’a pas fini de faire parler d’elle.
Acomplia ®, puisque c’est le nom de ce médicament, est le premier né, et seul représentant à ce jour, d’une nouvelle classe thérapeutique : les bloqueurs sélectifs des récepteurs cannabinoïdes 1. En clair, cette substance est capable de bloquer un récepteur qui stimule l’appétit et l’envie de fumer. Cette molécule, appelée rimonabant, révolutionnera sans doute les traitements de l’obésité et du sevrage tabagique. Autre corde à son arc, le rimonabant interviendrait également sur de nombreux facteurs de risques liés au diabète.
Vers un nouveau traitement du diabète
Diabète obésité rimonobantLes résultats de l’étude RIO-Diabète étaient attendus avec impatience par de nombreux médecins. Et pour cause, plus de 190 millions de personnes à travers le monde souffrent aujourd’hui de diabète. L’étude, publiée le 12 juin 2005, montre qu’Acomplia ® pourrait révolutionner la prise en charge de cette maladie aux conséquences dramatiques. Durant un an, 1 000 patients diabétiques de type 2 ont reçu quotidiennement une dose de 20 mg de rimonabant. Résultat : on constate une diminution significative de l’hémoglobine glyquée, un paramètre majeur de surveillance du sucre dans le sang, ainsi que l’amélioration de l’hypertension artérielle et des taux de lipides.
Autre point important, ce médicament permet de réduire l’obésité abdominale chez des patients déjà traités pour leur diabète. Une bonne nouvelle quand on sait que l’obésité abdominale, qui reflète l’adiposité viscérale, permet de prédire la survenue d’un infarctus du myocarde… Pour le Pr. Michael D. Jensen "la perte de poids rapportée avec le Rimonabant chez les patients diabétiques est potentiellement très intéressante. En effet les traitements anti-diabétiques actuels améliorent la glycémie mais s’accompagnent bien souvent d’une prise de poids. Cette prise de poids peut elle-même diminuer les bénéfices du traitement et minorer l’amélioration globale des facteurs de risque cardio-métabolique associés".
La perte de poids du groupe de patients traité par le médicament a été de 5,3 kg contre 1,4 kg pour les patients sous placebo. Côté tour de taille, les malades sous Rimonabant ont perdu 5,2 cm contre 1,9.

Haro sur les risques cardiovasculaires

Les effets bénéfiques sur le cholestérol et les triglycérides ne sont pas non plus à négliger car ils contribuent à diminuer les risques cardiovasculaires liés au diabète, à l’obésité et à cette pathologie de plus en plus fréquente qu’on appelle le "syndrome métabolique", et qui multiplie par trois la probabilité de survenue d'un accident cardiovasculaire.
Il est important de noter que cette étude a été menée avec la rigueur habituelle des études cliniques. Plusieurs centres de recherches étaient concernés, les patients qui recevaient le médicament étaient tirés au hasard et ni le personnel soignant, ni le patient ne connaissait la véritable nature du produit reçu (médicament ou placebo). L’étude a concerné les patients en surpoids atteints de diabète de type 2 qui avaient déjà été traités par un antidiabétique oral comme les sulfamides hypoglycémiants (DAONIL ®, DIAMICRON ®, OZIDIA ®) ou la metformine (GLUCOPHAGE ®, STAGID ®.).
Une épidémie meurtrière
L’avenir s’annoncerait-il enfin plus radieux pour les personnes diabétiques ? Il était temps car cette maladie est devenue un véritable fléau, à tel point qu’on parle aujourd’hui d’épidémie, 333 millions de personnes seront diabétiques dans moins de 20 ans. Tous ces patients s’exposent non seulement à des risques cardiovasculaires majeurs mais aussi à des maladies rénales, des artérites des membres inférieurs, des amputations, la cécité … Ce nouveau médicament devrait considérablement améliorer leur pronostic vital mais aussi leur qualité de vie.

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